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Le Front social manifeste au Maroc

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Quelques milliers de personnes ont défilé dimanche dans les rues de Casablanca, la capitale économique du Maroc, pour dénoncer les inégalités sociales, demander la libération des « détenus politiques » et lancer un appel pour une « vraie démocratie », a constaté l’AFP.

La manifestation était organisée par le « Front social Marocain » (FSM), un collectif récemment créé regroupant quatre partis de gauche, des organisation syndicales comme la Confédération démocratique du travail (CDT) et des associations, comme l’AMDH qui se concentre sur les droits humains.

Il n’a pas été possible d’obtenir de chiffres sur la mobilisation, ni auprès des organisateurs ni auprès des autorités.

« C’est la première manifestation du Front social marocain pour dire stop aux politiques antisociales et antidémocratiques, stop aux dégradations des droits humains, stop aux politiques qui ont abouti à la dégradation du pouvoir d’achat », a déclaré à l’AFP Ali Boutwala, un des membres du bureau national du FSM.

Les manifestants ont protesté avec force contre le chômage, le coût élevé de la vie, les défaillances des services publics tout en demandant « la libération de tous les détenus politiques », à commencer par ceux du Hirak.

Ce mouvement social qui a agité le nord du pays en 2016-2017 s’est éteint après une vague d’arrestations qui a débouché sur de lourdes condamnations judiciaires pour le noyau dur de la contestation.

« Vive Zefzafi », « nous sommes tous Zefzafi », ont crié les manifestants, en référence à Nasser Zefzafi, le chef du mouvement populaire du Hirak, condamné en 2018 à une peine de vingt ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ».

« Vive le peuple », a aussi scandé la foule en reprenant un titre contestataire de rap devenu très populaire après la condamnation d’un de ses auteurs pour « insulte à la police », fin 2019.

Les manifestants qui brandissaient de grandes banderoles et agitaient des drapeaux rouges se sont ensuite dispersés dans le calme.

La date de cette marche coïncide délibérément avec l’anniversaire du Mouvement du 20-février, mouvement de contestation qui avait agité le Maroc en 2011 à l’époque des printemps arabes.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, a promis il y a plusieurs mois un « nouveau système de développement » en réponse aux inégalités profondes qui focalisent le mécontentement social. Concernant les libertés, le pouvoir estime avoir mené à bien une transition démocratique après 2011 grâce à la réforme de la Constitution et rejette toutes les critiques de défenseurs des droits humains. AFP

L’Aqpa confirme la mort de son chef, Kassem al-Rimi

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El-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) a confirmé dimanche le décès de son chef, Kassem al-Rimi, deux semaines après l’annonce par Washington de sa mort dans une frappe de drone américaine au Yémen, selon un communiqué du centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.

C’est un responsable religieux d’Aqpa, Hamed ben Hammoud al-Tamimi, qui l’a confirmé dans un discours diffusé dimanche, « parlant longuement de Rimi et de son parcours jihadiste, et affirmant que Khaled ben Omar Batarfi est le nouveau chef d’Aqpa », a indiqué SITE.
Le président américain Donald Trump avait annoncé le 6 février que les Etats-Unis avaient « éliminé » Kassem al-Rimi, quelques jours après la revendication par le groupe jihadiste d’une fusillade perpétrée début décembre dans la base aéronavale américaine de Pensacola en Floride.
Trois marins américains avaient été tués par un sous-lieutenant de l’armée de l’air saoudienne dans cette attaque.

Washington considère Aqpa, basé au Yémen, comme la branche la plus dangereuse du réseau jihadiste et depuis l’entrée en fonction de Donald Trump en 2017, les Etats-Unis ont intensifié les attaques contre le groupe.

« Khaled Batarfi est apparu dans de nombreuses vidéos d’Aqpa au cours des dernières années. Bien que son rôle n’ait jamais été révélé, il est apparu comme étant l’adjoint de Rimi et le porte-parole du groupe », a ajouté SITE.

« Au plus bas » 

Sous le commandement de Rimi, Aqpa a profité du chaos entraîné par la guerre du Yémen, et a renforcé son emprise dans le sud et le sud-est du pays, menant des opérations tant contre les rebelles houthis que contre les forces progouvernementales. A l’étranger, Aqpa a revendiqué des attaques sporadiques, notamment celle du siège de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris en 2015, qui avait fait 12 morts.

Premier commandant militaire d’Aqpa à sa création en 2009, Rimi avait été nommé chef de l’organisation après la mort de son prédécesseur, Nasser al-Wahishi, dans une frappe de drone américaine au Yémen en 2015. Sa mort « affaiblit davantage Aqpa et le mouvement mondial el-Qaëda et cela nous rapproche de l’élimination des menaces que ces groupes posent à notre sécurité nationale », avait déclaré la Maison Blanche le 7 février.

Les experts s’accordent pour dire qu’Aqpa avait déjà perdu de sa puissance avant la mort de Rimi. « Aqpa est à son plus bas depuis une décennie, au moins en terme d’identité en tant que groupe cohérent avec une idéologie essentiellement religieuse (…) Son rêve d’établir un Etat islamique au Yémen est tombé en lambeaux », a dit Elisabeth Kendall, spécialiste du Yémen à l’Université d’Oxford. Loin de son « pic de 2015-2016 » quand l’organisation « a profité de la guerre pour recruter, remplir ses caisses et fonder un proto-Etat » au Yémen, Aqpa « se débat aujourd’hui pour conserver ne serait ce qu’une portion de territoire », a ajouté la chercheuse. Selon Mme Kendall, Khaled Batarfi et d’autres responsables d’Aqpa ont des « primes de plusieurs millions de dollars sur leurs têtes qui leurs laissent peu de marge de manœuvre (…) ». AFP

Instants du 53e vendredi du Hirak

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Beaucoup d’images sont à retenir des manifestations de vendredi 21 février tant l’intensité était au rendez-vous.

Retenons entre autres cette image de Brahim Laalami, un activiste qui a subi l’innommable (voir tweet plus bas). Il y a aussi cette image du face-à face entre l’impressionnant cordon policier dressé en haut de la rue Didouche Mourad, samedi 22 février, et les centaines de manifestants qui tentaient de marcher vers la présidence.

Le communiqué du conseil des ministres du 23 février

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Le Conseil des ministres réuni, dimanche, sous la présidence du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a été sanctionné par le communiqué, dont voici la texte intégral:

« Le Conseil des ministres a tenu, dimanche 23 février 2020, sa réunion périodique sous la présidence de M. Abdelmadjid Tebboune, Président de la République, Chef suprême des forces armées, Ministre de la Défense nationale.

Le Président de la République a ouvert la réunion en s’adressant aux membres du gouvernement pour les exhorter à l’impératif de la rationalisation des dépenses de l’Etat en se limitant au strict  nécessaire, notamment en termes d’acquisition et de location de véhicules

pour l’opération de Recensement national, affirmant que le changement doit émaner de la conviction personnelle de rompre avec les pratiques du passé et de construire une nouvelle République à la hauteur des aspirations du peuple. Par la suite, le Conseil des ministres a examiné et adopté l’avant-projet de loi relatif à la prévention et à la lutte contre la discrimination et le discours de haine, présenté par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Le projet prévoit, essentiellement, l’élaboration d’une stratégie nationale de prévention contre les crimes de discrimination et le discours de haine, avec l’association de la société civile et du secteur privé à sa préparation et à sa mise en œuvre, en sus de la mise en place de programmes d’enseignement en vue de la sensibilisation, la diffusion de la culture des droits de l’Homme, de l’égalité, de la tolérance et du dialogue.

Il définit également le champ d’action de la protection des victimes de ces actes criminels et confère aux associations nationales des droits de l’Homme le droit de déposer plainte auprès des juridictions compétentes et de se constituer partie civile.

Il prévoit, en outre, la création d’un Observatoire national de prévention contre la discrimination et le discours de haine, placé auprès du Président de la République. Le projet qui s’appuie aux Chartes internationales et à la sociologie de la société algérienne tient compte de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans la plupart des crimes de discrimination et dans le discours de haine, d’où l’impératif de dispositions relatives à l’assistance et à la coopération internationales.

Intervenant au terme de cet exposé, le Président de la République a précisé que cette loi se veut une réponse aux tentatives de fragmentation de la société algérienne, notamment à travers l’utilisation des réseaux sociaux, affirmant que la liberté d’expression ne signifie nullement la liberté d’insulter, de diffamer, de discriminer et de propager la haine et la division.

A ce propos, le président de la République a ordonné l’introduction d’amendements pour préserver l’objectif substantiel de cette loi, à savoir la préservation de l’unité nationale dans toute sa composante, la moralisation de la vie politique et publique et sa protection contre toute dérive.

Le Conseil des ministres a écouté, ensuite, le ministre de l’Industrie et des mines qui a évoqué la situation actuelle des zones industrielles et zones d’activité en termes de nombre outre la multiplicité des instances en charge de la gestion du foncier industriel et l’existence d’un système juridique contradictoire. Le ministre a préconisé plusieurs mesures pour traiter les dysfonctionnements, dont la création d’une instance nationale chargée du foncier industriel, la récupération des assiettes non exploitées et la mise en place d’un programme urgent de réhabilitation, outre l’adoption d’une approche différente et l’aménagement de nouveaux espaces pour le foncier industriel.

En outre, le ministre de l’Industrie a proposé un plan de révision de l’organisation des zones industrielles à travers la création de micro zones industrielles dédiées à la micro-entreprise et à la start-up, la mise à leur disposition des usines de l’Etat non exploitées et leur association à l’aménagement et à la gestion des zones industrielles (électricité, eau et pollution) ainsi que l’ouverture d’un guichet des Fonds de leur financement, le lancement d’activités intersectorielles pour favoriser l’émergence de l’économie de la connaissance, la création d’incubateurs publics et privés au niveau des zones industrielles et en fin confier aux micro-entreprises et start-up la gestion progressive des zones industrielles à travers des systèmes informatisés.

Intervenant au terme de cet exposé, le Président de la République a instruit le ministère de la Micro entreprise, des startup et de l’économie de la connaissance d’entamer immédiatement la réalisation de ses projets, d’investir le terrain en conciliant entre le possible et le faisable.

Le Président de la République a exhorté ce département ministériel à tirer avantage des expériences des pays développés en la matière pour la création d’un maximum de start-up, à mettre à profit les zones industrielles non-exploitées et à promouvoir les zones d’activité, étant les plus proches de la  réalité des communes.

Par ailleurs, M. Tebboune a mis l’accent sur l’impératif d’assainir le foncier industriel existant avant de réfléchir à la création de nouvelles zones industrielles.

Soulignant, dans ce sens, que le plus important est l’industrialisation qui crée la richesse et l’emploi, il a ordonné l’interdiction de l’octroi du foncier industriel à des +aventuriers+ pour ne pas reproduire les erreurs du passé et protéger le parc foncier national.

Le recours à la sous-traitance avec l’étranger est interdit sauf s’il s’agit de matériel développé non disponible en Algérie, a affirmé le Président, expliquant que l’objectif est la mise au point d’une technologie algérienne par de jeunes compétences algériennes.

Il a appelé le ministère de tutelle à se libérer des pratiques bureaucratiques, à faire prévaloir le bon sens en matière de transactions commerciales, à faire preuve de renouveau et d’innovation et à initier l’organisation de salons.

Le Président Tebboune a instruit, dans ce cadre, de rattacher le parc technologique de Sidi Abdellah, relevant actuellement au ministère de la Poste et des Télécommunications, au ministère de la Micro entreprise, des Startup et de l’Economie de la connaissance. Il a instruit également d’introduire, dans la loi des Finances complémentaire (LFC), des mesures fiscales incitatives au profit des entreprises garantissant des postes d’emploi.

Les travaux du Conseil des ministres se sont poursuivis par l’examen et l’approbation de l’exposé du ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement sur la stratégie d’adaptation de la communication gouvernementale à la nouvelle situation que connait le pays au lendemain du Hirak béni du 22 février. Il a mis en avant, dans ce sens, la nécessité d’un une communication institutionnelle complémentaire, la mise en place de structures de veille médiatique efficace et l’accompagnement des institutions de l’Etat pour la concrétisation des engagement du Président de la République à travers des plans de communication sectoriels et la réhabilitation des cellules de communication institutionnelle.

L’objectif de la relance de ce secteur étant la mobilisation des médias publics et privés en vue de contribuer au rétablissement de la confiance du citoyen en les institutions de son pays, outre la restructuration de la presse publiques à travers une réforme radicale pour en améliorer la performance et la gestion, notamment par la généralisation du numérique via les portails et de la presse sur la toile. Par ailleurs, il a été préconisé la création d’une chaîne parlementaire pour rapprocher le citoyen de l’institution législative et promouvoir la culture de citoyenneté et le civisme.

Suite à cet exposé, le Président Tebboune a mis l’accent sur l’impératif d’accélérer la régularisation de la situation juridique des chaînes privées pour qu’elles soient en conformité avec la loi sur l’audiovisuel et de même pour les supports électroniques.

Soulignant l’impératif du respect de la déontologie, il a appelé à tirer profit de la contribution des compétences médiatiques passées par le secteur pour l’enrichissement de la scène médiatique et la formation des jeunes journalistes.

Tebboune a donné des orientations concernant la communication institutionnelle et la presse publique, ordonnant le lancement immédiat d’une chaîne parlementaire, et de penser dés maintenant à une chaîne dédiée aux jeunes.

D’autre part, le Conseil des ministres a écouté et approuvé un exposé présenté par la ministre de la Culture sur le développement du secteur de la culture et de l’industrie cinématographique. Portant sur une analyse détaillée de l’état du secteur, l’exposé propose une stratégie de son développement pour la période 2020-2024 en collaboration avec plusieurs autres départements  ministériels. Cette stratégie est basée sur trois axes à savoir: l’éducation à apprécier l’art et la pensée en accordant l’intérêt au théâtre de l’enfant et en instituant un Prix national de théâtre à célébrer annuellement à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance. Il a été question, en outre, de la restructuration des Théâtres régionaux et du lancement de petits théâtres communaux ainsi que le perfectionnement des formateurs et encadreurs.

Le deuxième axe concerne le lancement de l’industrie cinématographique par la création d’une dynamique de diffusion de longs métrages disponibles au ministère, dans les salles de cinéma, la création d’un Centre cinématographique national, l’augmentation de la production

cinématographique à 20 films par an et la régularisation définitive de la situation des salles de cinéma sous tutelle des collectivités locales, dont la plupart sont hors service. Pour réaliser un décollage dans ce domaine, la ministre a proposé des exonérations fiscales et parafiscales en faveur des professionnels du secteur.

Le troisième axe porte sur la valorisation des sites archéologiques et la promotion du tourisme culturel. La concrétisation de cette stratégie implique la révision du cadre législatif, administratif, structurel et de services de la production culturelle.

Dans son intervention, le président de la République a prôné la focalisation sur les dossiers urgents pour cette année partant de la volonté d’encourager l’ouverture sur la culture mondiale et la dynamisation de l’activité théâtrale, tant dans les écoles pour préserver la personnalité de l’enfant qu’à travers l’invitation de la diaspora à constituer des associations théâtrales pour donner des représentations en Algérie afin de raffermir leur lien à la patrie.

La relance de l’industrie cinématographique vise à encourager l’investissement dans les studios de production en octroyant toutes les mesures incitatives aux professionnels, notamment le foncier et les crédits bancaires, en vue de diversifier cette production pour qu’elle contribue au renforcement du patriotisme des Algériens et du sentiment de fierté à l’égard de l’Algérie et de son histoire, toute entière.

Par ailleurs, M. Tebboune a appelé à orienter le cinéma commercial vers le rayonnement culturel de l’Algérie à l’échelle mondiale en tant que meilleur moyen face à l’invasion culturelle.

Le Conseil des ministres a ensuite suivi et approuvé un exposé, présenté par le ministre de la Jeunesse et des Sports, axé sur la promotion de la jeunesse et le développement des activités physiques et sportives, le renforcement de l’infrastructure et la prise en charge des jeunes du sud et des régions isolées et montagneuses pour lutter contre la marginalisation et l’exclusion à travers un plan quinquennal permettant de déceler les talents sportifs parmi des millions d’élèves et d’étudiants.

L’exposé a mis en avant également la nécessite de parachever et livrer les différents programmes en cours de réalisation, en particulier les stades devant abriter des compétitions internationales telles que les Jeux méditerranéens prévus à Oran en 2021 et le Championnat d’Afrique des nations de football en 2022, outre l’élaboration d’un Plan pour la protection des infrastructures existantes, soit six (6) installations sportives et 2.500 structures de jeunes.

Intervenant au terme de l’exposé, le Président Tebboune a ordonné de confier, sans délai, la gestion des Maisons de jeunes à des commissions de jeunes élues, n’appartenant à aucune organisation ou courant politique, d’accélérer la réalisation des stades programmés et de traiter la problématique de l’organisation du sport scolaire et universitaire avant la fin du trimestre en cours. Il a également instruit la mise en place des critères précis d’encouragement de la compétition entre clubs professionnels et demandé au Secrétaire d’Etat chargé du sport d’élite d’accélérer la cadence de préparation des Jeux méditerranéens.

Tebboune a instruit, d’autre part, le ministre de la Jeunesse et des Sports d’accorder davantage d’intérêt au secteur, appelant à l’organisation d’échanges internationaux entre délégations de jeunes et à la mise en place du Conseil supérieur de la jeunesse, dans les plus brefs délais.  Le Conseil des ministre a, par la suite, adopté des décisions individuelles portant nominations dans certaines institutions de l’Etat.

Avant la clôture des travaux du Conseil des ministres, le Président Tebboune a adressé ses sincères félicitations au peuple algérien, particulièrement les travailleurs, à l’occasion du double anniversaire de la création de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) le 24 février 1956 et de la nationalisation des hydrocarbures en date du 24 février 1971.

A ce propos il a exhorté les travailleurs à tirer les enseignements de ces deux évènements historiques pour relever les défis en prenant exemple sur les aïeux dans leur élan pour la promotion de la conscience d’émancipation dans milieu des travailleurs et la mobilisation en faveur du noble objectif national, à savoir le recouvrement de la souveraineté nationale, la réalisation de l’indépendance et l’édification d’un Etat national indépendant.

En outre, M. Tebboune félicité les travailleurs du secteur de l’énergie à l’occasion de l’anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures lorsqu’une poignée d’ingénieurs et de techniciens a réussi à défier les sociétés étrangères, en février 1971, en prenant les commandes de la gestion directe et du contrôle de la production et de l’exportation des hydrocarbures suite à la promulgation de la décision de nationalisation, ce qui a permis de consolider l’indépendance économique et de le libérer du monopole et de la domination des sociétés étrangères sur les richesses nationales.

Le président de la République a saisi cette occasion pour appeler l’ensemble des citoyens et citoyennes à la sacralisation des vertus du travail et de la morale dans la grande bataille que nous menons pour l’édification de la nouvelle République, en retroussant leurs manches et en libérant leurs potentiels et leurs talents afin de réaliser le bond qualitatif requis pour la diversification du produit national et la libération du pays de la dépendance à la rente pétrolière. APS

Massacre au Cameroun: le président Macron dénonce

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En France, le président français Macron a dénoncé, ce samedi 22 février, des violations des droits de l’homme « intolérables » au Cameroun, après la mort la semaine dernière de plusieurs personnes au cours d’une opération militaire.

Le chef de l’État français s’est exprimé en marge du Salon de l’agriculture, à Paris, après avoir été interpellé par un visiteur, sur cette question.

La scène se déroule dans les allées bondées du Salon de l’agriculture. Un activiste camerounais interpelle le président Macron qu’il aperçoit au loin. Le président français, dans un premier temps, ne l’entend pas. Le visiteur insiste et réussit à attirer l’attention d’Emmanuel Macron qui engage la discussion.

« Vous savez mon engagement sur ce sujet. J’ai mis la pression sur Paul Biya pour que, d’abord, il traite le sujet de la zone anglophone et ses opposants. J’avais dit : je ne veux pas que l’on se voie à Lyon, tant que Maurice Kamto n’est pas libéré. Il a été libéré parce qu’on a mis la pression », rappelle le chef de l’État français.

« Là, la situation est en train de se dégrader. Je vais appeler, la semaine prochaine, le président Biya et on mettra le maximum de pression pour que cette situation cesse. Je suis totalement au courant et totalement impliqué sur les violences qui se passent au Cameroun et qui sont intolérables. Je fais le maximum », ajoute le président Emmanuel Macron.

Le 14 février, peu avant l’aube, des hommes armés ont attaqué le quartier de Ngarbuh, dans le village de Ntumbo, puis tué par balle et brûlé des habitants. Selon l’ONU, qui a demandé une enquête indépendante, 15 enfants dont neuf âgés de moins de cinq ans font partie des 23 victimes, dans cette partie anglophone du Cameroun.

Les autorités camerounaises évoquent, de leur côté, cinq victimes : « une femme et quatre enfants » décédés « à cause d’un incendie provoqué par des échanges de tirs entre forces de l’ordre et rebelles ».

La France avait déjà condamné ces « violences » et demandé que les « responsables répondent de leurs actes ».

Ce samedi, le président français Emmanuel Macron a par ailleurs souligné que « La France a un rôle compliqué en Afrique. Quand la France dit « tel dirigeant n’a pas été démocratiquement élu », les Africains nous disent: « de quoi vous mêlez-vous ? »… Moi, je mets la pression sur chacun ; je travaille avec l’Union africaine pour mettre la pression », a-t-il insisté tout en faisant valoir que « ce n’est pas la France qui peut faire la démocratie au Cameroun, ce sont les Camerounais ». RFI

Afrique: le marché de la drogue explose

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Chaque jour, l’Afrique doit faire face à de nouveaux problèmes de drogue. En 2050, l’Afrique sera le deuxième plus gros consommateur de drogue au monde. Le développement du trafic, de la production, de la consommation et d’organisations criminelles puissantes n’épargne aucune région du continent. Une situation alarmante que commente Martin Ewi, spécialiste du crime organisé transnational en Afrique.

Martin Ewi est le coordinateur technique du Projet ENACT (renforcer les capacités de réponses de l’Afrique face au crime organisé transnational) à l’Institut d’études de sécurité (ISS) basé à Pretoria, en Afrique du Sud.

ENACT est un projet financé par l’Union européenne dans le cadre de son programme panafricain, mis en oeuvre par trois institutions : ISS, Interpol et Global Initiative against Transnational Organised Crime (l’Initiative globale contre le crime organisé transnational). ENACT vise à atténuer l’impact du crime organisé transnational sur le développement, la gouvernance, la sécurité et l’État de droit en Afrique, à travers la recherche et le renforcement de capacités techniques.

Martin Ewi, la drogue en Afrique, est-ce une histoire récente ?

Martin Ewi : L’Afrique a une longue histoire avec la drogue. Le cannabis reste la drogue la plus ancienne et la plus populaire du continent. On trouve dans l’Égypte antique des preuves de la présence de cannabis dès 3 000 avant JC, mais on estime que celui-ci a été surtout introduit en Afrique, pour la première fois à Madagascar et sur la côte méditerranéenne du continent il y a plus de 1 000 ans par des commerçants asiatiques. Le khat (Catha edulis), dont la production, la consommation et le commerce se seraient développés dès le XIIe siècle, est également l’une des premières drogues utilisées en Afrique.

En ce qui concerne l’opium, d’après des recherches menées par la professeure Thembisa Waetjen de l’Université de Johannesburg, il aurait été introduit par un homme d’affaires portugais appelé Ignasio José de Paiva Raposo et sa culture aurait été d’abord expérimentée à Mazaro, sur le fleuve Zambèze, dans la région du centre du Mozambique. Ce que cette histoire précoce de la drogue nous dit, c’est que l’Afrique a été utilisée pour l’expérimentation de la culture de masse de drogues et pour l’exportation grâce à son sol riche et à ses conditions météorologiques favorables. Mais il y a, en Afrique, une histoire des drogues plus récente, qui est liée au trafic international et au rôle général que joue le continent dans l’économie criminelle mondiale.

L’Afrique est-elle devenue au fil du temps une terre de trafic ?

Les premiers signes du trafic mondial sont apparus en Afrique de l’Ouest vers la fin de la période coloniale. Des recherches menées par Steven Ellis ont révélé que des trafiquants libanais faisaient de la contrebande et du trafic d’héroïne vers l’Amérique du Nord à travers l’Afrique de l’Ouest, dans les années 1950. Pendant cette période, le Nigeria est devenu un carrefour du trafic de drogue libanais vers les États-Unis d’Amérique. Les trafiquants africains, en particulier les Nigérians et les Ghanéens, ont rejoint le commerce illicite dans les années 1960. Cette nouvelle génération africaine de trafiquants se concentrait principalement sur le trafic de cannabis vers l’Europe.

Ensuite dans les années 1990, le trafic de drogue a explosé et a pris une dimension alarmante jamais vue auparavant en Afrique. Tandis que l’Afrique de l’Ouest est devenue le carrefour principal pour le transit de la cocaïne en provenance d’Amérique latine à destination de l’Europe et de l’Amérique du Nord, la côte est africaine est devenue, pour ces mêmes destinations, le carrefour du trafic d’héroïne en provenance d’Afghanistan et du Pakistan. En octobre 2007, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a estimé que la moyenne de saisies annuelles de cocaïne en Afrique était de 0,6 tonne, mais en 2007, cette moyenne avait grimpé à 2,5 tonnes et à 5,7 tonnes uniquement pour l’année 2007.

La situation la plus grave en Afrique fut alors la Guinée-Bissau où de puissants cartels de drogue ont profité de la mauvaise gouvernance du pays pour prendre le contrôle et en faire un narco-État. En 2005, le trafic de cocaïne en provenance d’Amérique latine avait rendu le pays ingouvernable politiquement, économiquement et socialement. Les conséquences régionales, en particulier sur les pays limitrophes, ont été considérables.

L’Afrique a toujours été une zone de transit pour les drogues telles que l’héroïne, la cocaïne et d’autres drogues importées. Ce qui a changé ces derniers temps, c’est le développement des routes, l’intensité du trafic et l’augmentation croissante de la consommation. Avant, presque toutes les drogues qui transitaient par le continent étaient exportées. Mais récemment, les données de l’ONUDC montrent qu’une proportion croissante de ces drogues transitoires est consommée localement.

Quelles sont les drogues les plus consommées sur le continent ?

La cartographie de la consommation des drogues en Afrique est très diversifiée. Le cannabis est largement produit à travers le continent et c’est la drogue la plus sollicitée et la plus consommée en Afrique. Mais si vous allez en Somalie et dans d’autres pays de la corne de l’Afrique, c’est le khat qui est largement produit et qui est le plus consommé dans la région. Mais l’histoire récente des drogues en Afrique montre aussi l’émergence de nouveaux médicaments, de plus en plus consommés, comme la méthamphétamine, la méthaqualone (mandrax), le tramadol et diverses substances synthétiques qui sont beaucoup plus dangereuses que les drogues traditionnelles.

Ce que nous avons constaté, c’est que là où il y a un trafic élevé d’une drogue, il y a aussi une consommation locale croissante. En septembre 2019, le projet ENACT a lancé l’indice de crime organisé en Afrique, qui fournit un cadre pour mesurer l’impact de la criminalité organisée en Afrique. Cet indice a révélé que l’héroïne est concentrée sur la côte orientale de l’Afrique et dans quelques pays d’Afrique de l’Ouest comme le Nigeria et le Ghana et que le Mozambique a la plus forte concentration de trafic d’héroïne de la région. La cocaïne est largement concentrée en Afrique de l’Ouest et les drogues synthétiques, également connues sous le nom de substances psychoactives, sont concentrées en Afrique du Sud, au Nigeria, au Soudan, en Libye, au Cameroun, en République centrafricaine et au Tchad, avec des taux de consommation croissants dans certains pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est. RFI

Plus de 356 kg de cannabis et 162.000 psychotropes saisis à Alger en 2019

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Les services de la Sûreté de wilaya d’Alger ont saisi en 2019 près de 357 kg de cannabis et plus de 162.000 comprimés psychotropes, a indiqué dimanche le chef de Sûreté de wilaya, le Contrôleur de police Mohamed Bettache.

Lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation du bilan 2019 de l’activité des différents services de la Sûreté de wilaya d’Alger, le Contrôleur de police Bettache a fait état de la saisie de 356,357 kg de cannabis contre 430,949 kg en 2018.

Durant la même année, 162.393 comprimés psychotropes, 2,306 kg de cocaïne, 797 gr d’héroïne, 1,503 kg de crack, 5176 comprimés de Subitex et 3537,5 boites d’Ecstasy ont été saisis, a-t-il ajouté.

Dans le domaine de la lutte contre la drogue et les psychotropes, les mêmes services ont enregistré durant la même période 13.850 affaires impliquant 15.315 individus, fait ressortir le même bilan qui évoque l’arrestation de 2.929 mis en cause suspects.

Concernant les affaires liées aux crimes cybernétiques, près de 377 crimes ont été enregistrés durant la même année, dans lesquels 193 individus étaient impliqués. 19 individus ont été arrêtés.

Par ailleurs, 459 affaires liées au faux et usage de faux et 304 affaires liées à l’atteinte à l’économie nationale  impliquant 50 individus ont été enregistrées en 2019. 17 individus ont été arrêtés dans ces affaires.

Pour ce qui est des affaires de criminalité, le même responsable a indiqué que 46.641 affaires ont été traitées et dans lesquelles 8047 ont été arrêtés, ajoutant que 9.404 affaires d’atteinte aux personnes ont été enregistrées avec l’arrestation de 611 individus, outre 15.513 affaires d’atteinte aux biens.

Durant la même période, les services de la Sûreté d’Alger ont enregistré le vol de 338 véhicules, dont 151 ont été récupérés, a indiqué M. Bettache, précisant que 105 individus ont été  arrêtés et présentés devant les instances judiciaires. APS

Pavlenski affirme avoir « volé » la vidéo de Griveaux

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L’activiste russe Piotr Pavlenski revendique, dans deux entretiens publiés vendredi, le « vol » à sa compagne des vidéos à connotation sexuelle ayant fait chuter le candidat du président Emmanuel Macron à la mairie de Paris, et la seule responsabilité du scandale.

À la chaîne d’informations américaine CNN comme au quotidien français Le Monde, l’auteur russe de performances à connotations politiques, réfugié politique en France depuis 2017, a affirmé avoir agi à l’insu de sa compagne Alexandra de Taddeo, une étudiante de 29 ans rencontrée il y a un peu plus d’un an.

« J’ai volé ce matériel dans son ordinateur », a affirmé M. Pavlenski dans un français hésitant à CNN. « Elle connaît pas que j’ai trouvé et je prends cette vidéo (…). Ça a été publié et ça a commencé être diffusé, et après elle pouvait pas faire rien, et elle dit +ok, si tu fais ça… ok tu fais ça, ok+ », ajoute Piotr Pavlenski. « Elle était pas contente que je demande pas (à) elle, bien sûr », assure-t-il.

Ancien porte-parole du gouvernement et considéré comme un proche du président français, Benjamin Griveaux, 42 ans, a renoncé à sa candidature à la mairie de Paris le 14 février après cette diffusion, en dénonçant des « attaques ignobles » et disant avoir pour « priorité » sa famille.

Au Monde, Piotr Pavlenski a expliqué que le candidat de la République en Marche (parti présidentiel) « lui était inconnu avant que sa compagne (…) ne lui confie leur aventure ».

« Elle lui parle des vidéos échangées » en octobre dernier, « il évoque l’idée de les publier devant la jeune femme. Refus catégorique », résume le quotidien.

L’artiste russe confirme ainsi la version de Mme de Taddeo qui a reconnu avoir été en 2018 la destinataire des vidéos sexuelles de M. Griveaux mais rejeté toute responsabilité dans leur diffusion.

« De l’art politique »

La jeune femme et son compagnon sont accusés d' »atteinte à l’intimité de la vie privée » et « diffusion sans l’accord de la personne d’un enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel et obtenues avec son consentement ou par elle-même ».

Selon Le Monde, Pavlenski assure avoir exploré l’ordinateur partagé avec sa compagne, en l’absence de celle-ci, et avoir volé « les vidéos avec une clef USB », au nombre de deux, toutes deux publiées sur son site.

Il réitère qu’il a agi ainsi au nom de la lutte contre « l’hypocrisie » d’un candidat qui pose avec son épouse dans les médias.

« La vocation d’un artiste, c’est de déranger le monde et de faire sauter les codes normatifs », dit-il, selon le quotidien.

« Il doit être un os dans la gorge du pouvoir ». Je fais de l’art politique, pas des gestes politiques. Ce qui compte c’est l’image. Je rends visible, je révèle », ajoute cet homme de 35 ans au visage émacié connu pour des performances choc.

Alexandra de Taddeo avait pris contact avec lui peu après son arrivée à Paris, désireuse de l’interviewer pour une radio étudiante. À l’époque, explique-t-il au Monde, il n’est pas disponible et ce n’est qu’un an plus tard qu’ils se rencontrent, à l’initiative, à nouveau, de la jeune femme. Ils finissent pas tomber amoureux.

Placés sous contrôle judiciaire, qui leur interdit d’entrer en contact, ils ont néanmoins échangé des déclarations d’amour via leurs avocats.

Alors que le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a indiqué qu’il serait possible de « remettre en cause le statut de réfugié » de M. Pavlenski en cas de condamnation judiciaire, ce qui semble contestable juridiquement, ce dernier a répondu à CNN : « Vraiment je réfléchis pas à tout ça ».

« Dans ma vie, il y a toujours quelque chose qui veut me faire peur, mais maintenant c’est habitude, c’est toujours menaces, menaces, c’est prison ou c’est clinique psychiatrique, ou c’est quelqu’un d’autre, ok maintenant c’est menace que je perds statut de réfugié politique… », a-t-il commenté. AFP

L’inflation moyenne annuel a atteint 1,9% en janvier

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Le taux d’inflation annuel en Algérie a atteint 1,9% en janvier 2020, a-t-on appris dimanche auprès de l’Office national des statistiques (ONS).

L’évolution des prix à la consommation en rythme annuel à janvier 2020, est le taux d’inflation moyen annuel calculé en tenant compte de 12 mois, allant de février 2019 à janvier 2020 par rapport à la période allant de février 2018 à janvier 2019.

La variation mensuelle des prix à la consommation, qui est l’évolution de l’indice du prix de janvier 2020 par rapport à celui du mois de décembre 2019, a connu une légère baisse de 0,1%, a indiqué l’Office.

En termes de variation mensuelle et par catégorie de produits, les prix des biens alimentaires ont enregistré une baisse de 4%.


Les produits agricoles frais ont également reculé de 0,9%. En dehors des fruits et légumes qui ont enregistré des augmentations respectives de 6,1% et de 1,2%, le reste des produits ont affiché des diminutions, notamment la viande de poulet (-16,6%), les œufs (-5,4%) et la pomme de terre (-1,3%). 

Quant aux produits alimentaires industriels, les prix ont évolué de +0,1% par rapport au mois écoulé.

Les prix des produits manufacturés ont enregistré une augmentation de 0,5%, alors que les prix des services ont accusé une baisse de 0,7%.

Par groupe de biens et de services, les prix des produits de l’habillement et chaussures ont augmenté de 1,1%, ceux du groupe divers (+0,8%), le groupe éducation et culture, quant à lui, a accusé une baisse de 3%, alors que le reste des biens et services se sont caractérisé par des stagnations, selon l’ONS. En 2019, le taux d’inflation en Algérie a atteint 2%. APS

François Fillon, l’austère, rattrapé par les affaires

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Hier parangon d' »exemplarité » au destin présidentiel, aujourd’hui jugé pour détournement de fonds publics, François Fillon a vu son parcours exploser avec le Penelopegate où il a entraîné sa discrète épouse.

« J’ai entraîné ma famille dans une épreuve d’une violence inouïe et je n’ai aucune envie de les entraîner de nouveau dans cette violence », affirmait fin janvier l’ancien Premier ministre de 65 ans lors d’un rare entretien sur France 2.

Voix posée, allure austère, François Fillon avait alors contesté chacune des accusations du « Penelopegate », cette affaire d’emplois présumés fictifs qui a pris le nom de son épouse. Un comble pour celui qui affirmait fin 2016 que « la politique ne doit pas être mélangée à la vie privée ».

Penelope Fillon, qui aurait perçu plus d’un million d’euros pour les emplois d’assistante parlementaires au coeur du dossier, comparaît à ses côtés lundi.

Dans l’ombre de son mari, cette Franco-Galloise de 64 ans à l’allure classique s’est toujours présentée en mère fière d’avoir élevée cinq enfants, une « paysanne » discrète, amatrice de jardinage et d’équitation, « de nature réservée et peu mondaine ».

L' »immense scandale » lui « fait très mal »: « Je me suis sentie traversée par la foudre, c’est ce que j’ai vécu de pire dans ma vie », dit-elle.

Dans le procès Fillon, l’affaire ne s’arrête pas là: emplois présumés fictifs de leurs deux aînés, prêt de 50.000 euros non déclarés d’un ami, deux costumes de luxe offerts par un autre…

La succession de révélations, début 2017, stoppe net l’ascension de François Fillon vers l’Elysée, qui semblait pourtant écrite après cinq ans de présidence Hollande.

La formule assassine qu’il avait employée contre Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite – « qui imagine de Gaulle mis en examen ? » – lui revient alors comme un boomerang.

Tout comme son image d’homme intègre, « fier de ses valeurs », défendant haut et fort l’ordre, la famille ou la grandeur de la France.

« Erreurs »

Né le 4 mars 1954 d’un père notaire et d’une mère historienne, élevé dans un milieu catholique aux convictions gaullistes-sociales, cet homme élégant à la coiffure soignée, peu expansif, a toujours cultivé la discrétion.

« Mon patrimoine se limite à ma maison, dans la Sarthe », un manoir de 14 chambres, soulignent ses détracteurs. « Je n’ai pas d’appartement à Paris, pas de villa au bord de la mer, pas de Ferrari cachée dans la grange de ma maison », relève-t-il aujourd’hui.

S’il ne parle plus, comme au moment de l’affaire, de « complot » ni de « cabinet noir », François Fillon continue de le clamer: « J’ai été traité d’une manière injuste, qui n’était pas normale ».

Opiniâtre selon ses partisans, suicidaire selon ses détracteurs, ce passionné de course automobile fait ses premiers pas en politique comme assistant du député d’une petite ville proche du Mans, Sablé-sur-Sarthe.

A la mort de son mentor en 1980, François Fillon, qui n’a pas fait l’ENA, devient en 1981 le benjamin de l’Assemblée nationale.

Fin politique selon certains, opportuniste pour d’autres, il « est tel un crocodile: il a l’air de dormir mais est prêt à bouffer n’importe qui sur la berge », confiait en 2012 un des ministres de son équipe.

De 1993 à 2005, il participe à tous les gouvernements de droite, siège au Sénat en 2005-2007, avant de devenir pendant cinq ans chef du gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Son image de rigueur et ses promesses énergiques de redressement du pays lui permettent de remporter la primaire en 2016. Mis en examen en mars 2017 dans le Penelopegate, il est éliminé au premier tour de la présidentielle et se retire de la vie politique.

« Je ne chercherai pas à revenir » affirmait le 30 janvier François Fillon, reconverti dans la finance et à la Fédération internationale de l’automobile (FIA).

Avant de le reconnaître: « j’ai sûrement commis des erreurs, mais il y a une chose que je ne peux pas supporter, c’est qu’on pense que je suis malhonnête, ou que j’ai cherché à tricher ou à tromper les Français parce que c’est tout le contraire de ma vie ». AFP